Découvrez l’histoire de Boubacar Diallo et de son voyage à travers l’Europe, la Belgique et… Molenbeek.
Originaire de Conakry, la capitale de la Guinée, Diallo Boubacar a aujourd’hui 30 ans. Arrivé en Europe il y a près de dix ans, son parcours l’a mené à travers plusieurs pays : l’Espagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Une expérience qui lui a permis de connaître l’Europe comme sa poche.
« Je suis avant tout une personne ouverte, optimiste et très curieuse », explique-t-il avec le sourire. Cette curiosité est au cœur de son identité. Passionné par les nouvelles rencontres, les découvertes et la recherche, il rêvait autrefois de devenir journaliste.
« En Guinée, j’ai étudié le droit de la presse avec le rêve de devenir journaliste un jour. Cela fait toujours partie intégrante de mon identité. »
Pour lui, la Belgique représente bien plus qu’un pays d’accueil. Il y voit un espace de rencontre entre les cultures. « La Belgique est un pays trilingue, et c’est une richesse. Ici, les communautés peuvent apprendre les unes des autres. »
Selon lui, il n’est même pas nécessaire de voyager à travers toute l’Europe pour découvrir sa diversité : « Si tu fais le tour de la Belgique pendant un an, tu peux comprendre l’Europe. »
Il considère également que cette diversité explique pourquoi la Belgique est devenue la capitale de l’Europe. Parmi les endroits qui l’ont marqué, Molenbeek occupe une place particulière.
Diallo décrit le quartier comme « une richesse culturelle pour Bruxelles ». Pour lui, cette diversité est une force : « Molenbeek est un endroit où l’on apprend des autres. »
Nous nous rencontrons dans la salle d’étude de notre centre, où il travaille plusieurs heures par semaine. Il m’explique que voir des personnes ayant connu un parcours similaire au sien réussir à construire leur vie en Belgique lui donne de l’espoir. Selon lui, l’intégration passe aussi par le regard des autres et par les petits gestes du quotidien qui permettent de se sentir accueilli.
« J’aimerais que le voisinage sache que nous, les résidents du centre de Molenbeek, essayons de marcher à leur pas. Voir les gens partir travailler chaque matin ou accompagner leurs enfants à l’école nous donne envie de construire la même vie. Nos voisins sont pour nous un exemple. Les voir vivre paisiblement me donne envie, un jour, de faire comme eux. »
Si la politique faisait autrefois partie de son avenir — inspiré par son père, ancien maire en Guinée — aujourd’hui, Diallo souhaite simplement construire une vie stable en Belgique. Son objectif actuel est d’obtenir son permis B puis de suivre une formation pour devenir chauffeur de camion.
« La Belgique m’a donné une opportunité. À moi maintenant d’en profiter. »
Convaincu que « le monde est devenu un village planétaire », Diallo voit dans la modernité et les échanges culturels une possibilité de rapprocher des personnes d’origines différentes.
« Aujourd’hui, nous comprenons de plus en plus que la différence est une valeur. C’est pourquoi j’aimerais dire à mes voisins : nous sommes heureux de vous avoir près de nous et nous espérons que ce sentiment est réciproque. »